HOME CONSTRUCTEURS PLANETE CONSTRUCTEURS Alpina retrouve la France
Alpina retrouve la France Imprimer Envoyer
CONSTRUCTEURS - PLANETE CONSTRUCTEURS
Mercredi, 23 Mai 2012 13:47
Les puristes n'y croyaient plus mais les couleurs hissées depuis peu au-dessus de la concession BMW B57 de Metz ne laissent plus aucun doute, Alpina est de retour.

C'est l'histoire incroyable d'un petit préparateur qui s'est vraiment élevé au rang de constructeur. Oh, un tout petit, mais un de ceux dont on parle sur la terre entière. Alpina est de ceux-là, une référence qui fait toujours tourner les têtes. En témoigne ce clin d’œil appuyé et ce pouce levé à la portière derrière un sourire énorme. C'était il y a quelques jours, à l'entrée de Paris, lorsque les bouchons vous réconcilient avec la vie par ce seul échange à distance. Le verdict est sans appel, c'est un connaisseur qui vous adresse ses félicitations pour la monture à bord de laquelle vous avez pris place. On hésite et puis on se rengorge un peu, abrité derrière une plaque forgée Outre-Rhin. Quoi de plus normal sur l'autoroute de l'Est. Oui, oui bien sûr, nous venons de là-bas, de la lointaine Bavière, de Buchloe, rue des Alpes... Et autant l'avouer, par la grâce d'une authentique histoire belge.

Jean-Michel Martin au volant

Une longue histoire en vérité. Tout commence en 1961 avec un certain Burkard Bovensiepen qui, à Munich, observe avec intérêt la montée en puissance de BMW. On en est encore à l'heure de la petite 700, un de mes amis pourrait vous en parler savamment à longueur de journée... Mais à deux pas des usines de BMW, Bovensiepen, lui, observe, essaie et apprécie déjà les 1500, puis les 1700 et 2000 qui prennent leur essor, sportives en diable, propulsions en émulsion. Gros potentiel estime le passionné. Il ajoute vraisemblablement : « peut mieux faire ». Il le fera donc. Préparateur d'abord, constructeur associé ensuite, bel et bien reconnu par son mentor. Ce sera Alpina, comme pour mieux évoquer les sommets de l'automobile.

Les années ont passé, les modèles aussi. La France s'est rapidement intéressée au phénomène, Garage du Bac à Paris en chef de file de l'importation. Jusqu'en 1991. Jusqu'à un terrible accident d'avion tuant quatre journalistes se rendant sur une séance d'essai. Alpina tourne la page en France. Vingt ans plus tard, un pilote belge remet le cap sur l'Hexagone. Grand amateur de BMW, concessionnaire de la marque à Bruxelles, Jean- Michel Martin importe Alpina depuis longtemps. Pourquoi pas la France. Tope-là !

Avec la complicité de BMW France

Entre passionnés, on se voit, on se parle, on se comprend. Quadruple vainqueur des 24 Heures de Spa, Jean-Michel Martin a du répondant. L'homologation désormais européenne des véhicules et la complicité de Philippe Dehennin, patron de BMW France, ont fait le reste. L'objectif est de structurer un petit réseau de six concessionnaires BMW, pointus, capables d'apporter information et assistance au client Alpina, garantie du constructeur en plus. Fourel à Valence, dès 2010, posait la première pierre de cet assemblage. Puis le Garage du Bac, retrouvé, et Pelras à Toulouse ont complété le maillage qui a trouvé récemment un nouveau point d'ancrage, à Metz, chez B57. Un panonceau prestigieux de plus pour le groupe Bailly (Peugeot, Citroën, Suzuki, Hyundai, etc.) qui ne cesse d'affirmer son savoir-faire en Lorraine, en Alsace et, depuis peu, au Luxembourg avec Nissan et Infiniti. Juste ce qu'il faut pour élargir le cercle des passionnés et conforter les clients Alpina. Un cercle restreint, forcément, puisque le constructeur ne livre chaque année qu'un bon millier de véhicules, jusqu'aux USA, gros marché pour un petit. 

Le diesel entre en piste

Moteurs affinés, carrosseries personnalisées, décors intérieurs aux armes de la maison, Alpina a de quoi faire tourner les regards d'amateurs avisés et fiers d'afficher leur différence. Mais attention, ici pas d'ailerons agressifs, ni de pistons arrogants. Le quadruple échappement, le bouclier spécifique, les jantes spéciales de 20 pouces, tout relève de la taille du diamant. Alpina met un point d'honneur à peaufiner les modèles qui passent par ses ateliers, alliant la touche de luxe qui fait la différence à la note mécanique qui sublimera la partition originale. En témoigne cette D5 bi-turbo qui m'invite à son bord en ce jour ensoleillé. Elle est apparue au dernier salon de Francfort, à côté d'une autre bête de race, un cabrio B6, bi turbo, animé par un V8 de 507 chevaux.

Alpina n'a pas hésité longtemps avant de mettre le diesel dans son écurie s'appuyant sur les excellents groupes de Munich. Avec la D5, du bon goût, sans ostentation., le 6 cylindres propose ses 350 chevaux, soit 37 chevaux de mieux que dans la version classique proposée avec ce 3 litres qui vous emmène à 100 km/h en 5,1 secondes et jusqu'à 275 km/h, si tel est votre bon plaisir. Silencieux à souhait, dynamique en diable et se contentant de gazole (5,9 l/100) pour tenir la distance. Tout a été retravaillé dans le détail avec, par exemple, des ressorts plus courts de 6 millimètres, un carrossage augmenté ou encore le choix de pneumatiques Michelin adaptés. On en redemande.

Une gamme complète

Si tout avait commencé en 1961 avec une modeste BMW 1500 dont le premier pouvoir reposait sur un double carburateur Weber, autre temps, autres techniques, l'histoire s'écrit aujourd'hui avec une gamme riche d'une quinzaine de modèles tous frappés, à l'avant comme à l'arrière, du nom célèbre avec boucliers et sorties d'échappement spéciales. On apprécie aussi le petit sigle discrètement posé au coin de la console centrale. Le volant abandonne l'hélice pour le blason Alpina. Mille et une petites ou grandes choses qui font la différence tels ces placages bois en ronce de myrte et cuir Lavalina cousu main.

On peut s'offrir une première Alpina pour 41 300 €, qui, avec son modeste 4 cylindres vous proposera tout de même une cavalerie de 214 chevaux, un diesel sur la base d'un coupé Série 3, D3 bi-turbo paré de tous les attributs de la marque. Pour la D5, ce sera 72 700 €. Les B3 S, GT3, B5, B6 et B7 complètent l'ensemble avec coupé et Touring au catalogue qui s'épanouit en un bouquet final avec une B7 bi-turbo à transmission intégrale et empattement long emmené par le V8 de 507 chevaux pour la modique somme de 141 200 €. Une autre façon de rouler différent avec toujours ce blason mécanique qui ramène Alpina vers les routes et les circuits de la compétition. En 2009 encore, la marque disputait le Championnat GT3 avec une B6. Au volant, un certain Maxime Martin. Le fils de Jean-Michel, évidemment. Les gènes actifs d'Alpina sans doute.

Bernard Méaux


Bell, Ickx, Lauda et tous les autres


La BMW 1500 survitaminée de 1961 a dû attendre trois ans avant de connaître la véritable consécration et le début d'une belle aventure. En 1964, BMW reconnaît en effet la qualité de la préparation signée Alpina par Burkard Bovensiepen et lui accorde sa garantie usine.
L'année suivante Alpina s'installe à Kaufbeuren avec une petite équipe de huit salariés mais c'est seulement en 1967 qu'Alpina crée son blason, duo de trompettes d'admission et vilebrequin, en harmonie avec ses activités. Puis vient le temps de la compétition.

Alpina s'engage en 1968 en Touring Car Motorsport. Avec lui, des noms qui trouveront leur heure de gloire en F1. Autant de fameux coups de volant que ceux de Derek Bell, James Hunt, Jacky Ickx, Niki Lauda ou encore Hans Stuck. Autant de noms célèbres qui cachent des dizaines de compétiteurs  plus modestes ayant épousé Alpina.

En 1970, Alpina accroche à son palmarès, entre autres, le championnat européen Touring Car et les 24 Heures de Spa-Francorchamps. Juste de quoi convaincre BMW que le coupé 3.0 CS serait une base parfaite pour la compétition. La crise pétrolière de 1973 freine cet élan sportif.

Alors la machine se relance vers un public cherchant, outre la performance, le luxe et le raffinement. Un réseau de distributeurs se met en place. De l'Allemagne vers la Suisse et la Grande-Bretagne dès 1975, le Japon en 1979, les USA en 1983. La France aussi. Dans le même élan, la gamme s'étoffe et les mécaniques s'affinent avec, dès 1978, le renfort des cartographies électroniques. A tel point que l'état fédéral allemand, en 1983, promeut Alpina au rang de constructeur à part entière. Un bel encouragement pour la petite marque bavaroise qui introduit le catalyseur. Ce dernier entre en compétition via le DTM (1987) sur une Alpina M3 où l'on retrouve Fabien Giroix sous le signe du Garage du Bac.

Alpina ne cesse de croître. En 1990, de nouveaux locaux à Buchloe, AlpenStrasse,  permettent d'accueillir les 120 salariés qui s'engagent toujours sur de nouvelles voies. Shift-Tronic et Switch-Tronic (92-93) introduisent les transmissions automatiques ZF sur les Alpina. Puis c'est le diesel, en 1999, avec la naissance de la D10 bi-turbo. Alpina épouse ainsi toujours plus son statut de constructeur étroitement fidèle à son mentor, BMW. B.M.
 

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir

Bannière
AddThis Social Bookmark Button