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La fatigue au volant, la somnolence qui gagne le conducteur. Elles tuent. L’automobile club américain (AAA) leur attribue 17% des accidents mortels aux Etats-Unis. Une fatalité ?
En Allemagne, terre pionnière avec l’Italie de l’autoroute, cette voie rapide mais somnifère, le plus célèbre des équipementiers a pris les devants. Bosch, inventeur en 1995 de l’ESP (stabilisateur de trajectoire) et de l’ABS voici 25 ans, Bosch auteur en 2011 de 4100 brevets déposés à l’international a finalisé son médicament préventif : la tasse de café qui clignote au tableau de bord.
Le signal apparaît sitôt que le pilote cesse de manifester la vigilance requise.
Le volant raconte tout
C’est l’automobile qui décide des pauses à observer en cours de route. Comment apprécie-t-elle cette sorte d’urgence ? D’autres industriels, notamment japonais, impliqués dans le dossier « fatigue au volant » focalisent sur les stigmates. Des micros caméras filment le visage derrière le volant. Instructif le battement de paupières ; édifiantes sa fréquence, sa vivacité au fil du voyage.
Bosch a lancé ses chercheurs sur ce que la maison maîtrise. La trajectoire. Credo germanique : quasi arithmétiquement, l’axe de marche du véhicule se ressent du degré d’attention que le conducteur prête à ce qu’il voit, à ce qu’il fait.
Le volant raconte tout. Bosch l’a mesuré : « Une baisse de concentration entraîne une incapacité du conducteur à tenir le volant et altère son temps de réaction ».
Applicable à Sébastien Loeb et au « jeune permis »
La fatigue s’installant, les interventions sur la direction perdent leur finesse. Moins précisément tenu, le volant imprime des rectifications exagérées. Dans l’automobile, le relevé des réactions inappropriées de l’utilisateur incombe à des capteurs. Les uns nichent dans l’assistance électrique à la direction, les autres dans le contrôle de stabilité de trajectoire intégré à l’ESP.
Un « jeune permis » ne conduit pas avec la maestria chirurgicale d’un Jenson Button, d’un Sébastien Loeb. Bosch a intégré le postulat. Qui que ce soit aux commandes, les capteurs cueillent les rotations du volant (amplitude, vitesse, fréquence) dès le démarrage de la voiture. Dans le trajet, ils épinglent les dérives par rapport à la conduite primitive.
« S’il vous plaît »
Frais et dispos, chacun tourne à peine le volant. Puis viennent les corrections soudaines, les multiples ajustements rapides. Ces signes de fatigue, les capteurs ne les épient pas dans l’absolu. L’alerte Bosch tient compte de la durée du voyage, de l’heure du jour, de l’usage des clignotants indicateur de l’intensité du trafic.
Une fois atteint le seuil critique de harassement dans l’environnement considéré, la tasse de café cligne sous les yeux du pilote. Entre compte-tours et compteur de vitesse. Le message allemand d’accompagnement signifie : « Fatigue décelée, pause s’il vous plaît ».
Doublement ciblé : le loulou de discothèque
La première automobile équipée a pris la route en 2010. Une Volkswagen Passat. A l’automne dernier, la lucarne fit son apparition dans le Tiguan et la voici, ce printemps, dans la Passat Alltrack.
Bosch ne réserve pas le dispositif aux voitures particulières. Compatibles dès aujourd’hui, les véhicules utilitaires légers, coutumiers de roulages intensifs. Double indication pour l’alerte de fatigue : pilotent ces fourgonnettes aux missions chronométrées, d’intrépides garçons à la flatteuse réputation de « loulous de discothèque ».
Dominique Faivre-Duboz
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