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CONSTRUCTEURS - PLANETE CONSTRUCTEURS
Jeudi, 01 Mars 2012 11:35

Les amateurs ne s'en lassent pas et la Suisse tient bon. Deux intérêts qui convergent tout au long de l'année pour nous offrir, début mars, un bouquet vivant et coloré d'innovations mondiales. 2012 perpétue la tradition.


Le Salon international de l'automobile de Genève, tenu en cette belle année 2012 du 8 au 18 mars confirme la place essentielle de ce rendez-vous pour les constructeurs du monde entier. Genève marque en effet pour les trois principaux marchés, Amérique du Nord, Asie et Europe, la sortie de l'hiver et le retour de l'automobile joyeuse et festive.

Malgré la crise, malgré les interdits, malgré les menaces qui pèsent sur l'automobile, cette 82e édition de Genève marque tout à la fois l'entrée du véhicule électrique dans la vraie vie et confirme le bel avenir du moteur thermique avec le retour en force de l'essence. Il consomme moins, il pousse plus fort et relance le plaisir automobile.

Genève, c'est aussi le bel endroit où l'on reçoit en toute discrétion pour mieux affûter ses offensives ou nouer de nouvelles alliances. En attendant Paris, bien sûr, et son célèbre Mondial. Rendez-vous, déjà, en octobre.
Première sélection d'un millésime qui ne manque pas de talents.

Le Boxster en avril

Après la 911 et son cabriolet à peine sorti que déjà paraît le nouveau Boxster. Zuffenhausen a quasiment tout changé avec un empattement allongé et des voies élargies sous une carrosserie en alliage léger. Poids total : 1 310 kg, gage de vivacité et de plaisir de conduite pour un engin à moteur central. La direction électromécanique également nouvelle devrait renforcer cet élan sportif. Belle évolution à la façon de la 911, profonde sans avoir l'air d'y toucher.

Fondamentalement, le Boxster reste un cabriolet de type spider à deux places et capote en toile, commandée électriquement, pour une vue complète sur le ciel en 9 secondes, même jusqu'à 60 km/h. Performance anecdotique. Sur la version S, Porsche annonce en effet un 0 à 100 en 4,8 secondes pour une consommation moyenne en baisse de 15%.

Le moteur « flat six », fidèle au poste, affiche 2,7 litres en base (265 chevaux), version plus modeste du 3,4 litres (315 ch) en progrès de 5 chevaux sur la version S. On est déjà loin des 204 chevaux d'origine, en 1998. Le Stop/Start de rigueur et les systèmes de gestion permettent d'afficher une consommation moyenne respective de 7,7 et de 8 litres aux 100. La boîte à double embrayage PDK contribue à ce tableau flatteur.

Comme il est d'usage, Porsche développe un important programme d'options et de packs dans lesquels on trouve, c'est une première sur Boxster, la suspension dynamique de la transmission et le système Porsche Torque Vectoring (PTV) avec différentiel mécanique sur l’essieu arrière. Comptez au minimum 49 372 € pour le modèle de base et 60 435 € pour le Boxster S. Jour J le 19 avril.

Fiat allonge sa 500
 
Après avoir accommodé le groupe Chrysler à la sauce européenne, Fiat se devait de penser à ses propres gammes. Première de cordée, la 500. Elle aura donc sa formule longue, baptisée L, à la façon des limousines luxueuses de quelques rares constructeurs spécialistes. Une mutation qui nous ramène au siècle dernier, dans les années cinquante, avec la 600 Multipla, elle aussi extrapolation de la 500 et que Fiat place résolument au rang de précurseur du concept de monospace compact.

La 500 L peut effectivement se réclamer du genre avec ses 4,14 mètres de long contre 3,55 m à la 500, celle qui fut voiture de l'année à son apparition en 2008. Rappelons que la 500 originelle mesurait moins de 3 mètres mais pouvait emporter quatre passagers. Voire plus. La 500 L s'appuie sur une plate-forme technique de Punto avec des caractéristiques lui permettant d'emprunter des motorisations connues, petit 1,2 de 69 chevaux ou bi-cylindre Twinair de 89 chevaux.

Le diesel multijet de 1,3 litre sera également dans ce programme qui a l'ambition de s'imposer comme première voiture de certaines familles face aux Citroën C3 Picasso et Renault Modus pour un premier prix d'environ 14 000 €.

En proposant tout à la fois un volume de monospace haut de 1,66 mètre et une apparence de SUV, Fiat veut offrir une alternative à des véhicules du segment supérieur. Le large hayon et l'arrière transformable devraient y contribuer. Cette 500 L sera assemblée en Serbie, dans une usine ex-Zastava, à Kragujevac. Lancement en été 2012.

Opel parfum Mokka

Après l'étonnant Meriva à portes opposées, Opel veut réussir là où l'Antara a du mal à percer. Sous une ligne plus aimable, le Mokka a donc toutes les qualités et les fonctionnalités supposées d'un SUV mais sous une forme compacte, en 4,28 mètres de long. Cinq personnes peuvent y être accueillies. Sièges arrière repliés, le volume disponible peut alors atteindre 1 372 litres. De quoi emporter une belle provision de café, Opel recourant à cette image pour lancer un véhicule « fort en caractère ».

Mokka n'a d'ailleurs pas peur de se pousser du col avec des jantes de 18 pouces, en série pour une transmission en deux (traction) ou quatre roues motrices, essence ou diesel, boîtes manuelle ou automatique. La transmission intégrale s'appuie sur un transfert automatique de puissance en fonction de l'adhérence. Trois moteurs sont au programme de lancement, deux essence (115 et 140 chevaux) et un diesel, le 1,7 CDTI en 130 chevaux, tous dans les versions les plus évoluées.

Opel reprend pour son Mokka des techniques et des équipements connus avec des sièges ergonomiques brevetés ou encore le célèbre porte-vélo intégré à l'arrière, le Flex-Fix coulissant qui peut supporter jusqu'à trois bicyclettes. Le Mokka dispose aussi d'un anti-patinage (TC) et du contrôle de vitesse en descente (HDC – hill descent control), le tout sous le signe de la qualité allemande proposée à bon prix. Mais du Mokka nous n'aurons que le parfum, le constructeur allemand ne livrant son compact qu'à fin 2012.

Twizy l'électron urbain

Cette fois, c'est bien parti pour le Twizy. Montré ici et là, ce scooter sur... quatre roues, que l'on peut chevaucher sans casque arrive dans les circuits commerciaux. Le quadricycle a été conçu pour répondre à des besoins urbains et d'autant plus qu'il est électrique.

Sous des dehors minimalistes, Twizy offre en vérité un service complet. Il bénéficie en effet de deux places en tandem, protégées par une carrosserie. On pourra adopter deux portillons en élytre mais l'habitacle restera toujours au contact de l'air ambiant. Deux versions principales sont au catalogue, le Twizy Urban 45 et son compère le 80, soit la vitesse maximum en kilomètres/heure. Le premier (5 chevaux) sera donc accessible dès 16 ans avec le seul brevet de sécurité routière (BSR) comme pour un cyclomoteur classique. Le second (17 chevaux) impose un permis B.

Ce « scooter sécurisé » dispose d'un moteur électrique et d'une batterie pour une autonomie de 100 kilomètres. La recharge se fait à l'aide d'une prise domestique. Sous une longueur de 2,33 m et une largeur de 1,23 m pour un poids de 450 kg, l'électron urbain s'inscrit pratiquement dans l'encombrement d'un deux roues à moteur mais il devra se soumettre aux règles du stationnement d'un engin à quatre roues.

On peut même emporter un menu bagage avec un coffre de 31 litres et deux boîtes à gants, l'une fermant à clé. Quant au coût de fonctionnement, il est de moins de 2 euros pour un « plein ». Encore faut-il surmonter un prix d'achat élevé. L'Urban 45 est affiché à 6 990 €, son grand frère à 7 690 €. Renault loue la batterie sur la base de 50 € par mois sur 36 mois et 7 500 km par an. Le silence en plus.

BMW M6 : coupé et cabriolet   

M comme Motorsport pour assaisonner à la sauce sportive chaque modèle de la marque de Munich. C'est au tour de la série 6 coupé et cabriolet. Quelques chiffres aiguisent aussitôt l'appétit. Le V8 de 4,4 litres branché sur le système de suralimentation Twin Scroll Twin Turbo livre 560 chevaux sur un couple de 680 Newton-mètres. En d'autres termes, c'est 10% de puissance et 30% de couple de mieux que sur les précédentes M6.

La consommation annonce un gain de l'ordre de 30%. En valeurs normalisées, le coupé tombe même juste sous les 10 litres aux 100 km pour 232 g/km de CO², alors que le cabriolet se limite à 10,3 l/100. On imagine la performance technologique dans la mesure où les performances s'alignent comme à la parade avec un excellent 4,2 secondes au 0 à 100 km/h. Et 200 km/h en 12,6 secondes ! La vitesse limitée électroniquement à 250 km/h peut être aisément dépassée avec le pack MDriver qui vous propulse au-delà de 300 km/h.

La boîte de vitesses, là encore traitée par Motorsport, est de type automatique à double embrayage avec commande manuelle possible par palettes sous un nouveau volant gaîné de cuir, évidemment. Car le luxe demeure avec les équipements les plus sophistiqués notamment sous le signe du BMW ConnectedDrive.

Ultime mention technique de référence, le toit. Sur le coupé, BMW a opté pour une matière synthétique renforcée de fibres de carbone. Sur le cabriolet, la capote en tissus renforcés est de rigueur. Du sport, du confort.  

Mazda6 en forme de Takeri

Lisez Takeri, prononcez Mazda6. Derrière le beau concept que Mazda a concocté pour Genève se cache en effet la remplaçante de la Mazda6. Berline de taille moyenne, routière familiale, qui s'appuie sur l'architecture du coupé sport 4 portes Shinari, les lignes de carrosserie de la Mazda6, élégantes, sont bien là mais aussi et surtout les technologies nouvelles qui leur seront appliquées. Les optiques très fines, le toit en verre, panoramique, le soubassement arrière en forme de diffuseur, autant de traits qui seront préservés sur la version définitive au Mondial de Paris, en octobre.

Mazda annonce un système de récupération d'énergie au freinage dit i-Eloop (Intelligent Energy Loop) tout comme un nouveau diesel Skyactive-D, accouplé à une transmission automatique 6 rapports Skyactive-Drive. A lui seul, e-Eloop permettrait un gain de consommation de l'ordre de 10%. S'y ajoute, lors d'usages urbains intensifs, le gain offert par la coupure automatique du moteur i-Stop.

Le moteur 2.2 MZR-CD de 129 ch et son compère de180 chevaux, disponibles sur l'actuelle Mazda6, seront également de la fête. Pour l'heure, Mazda se concentre cependant sur son énorme challenge européen sous la forme du CX-5, exposé sous toutes ses coutures. Ce crossover sera commercialisé en France dès le printemps 2012.

Twingo RS en piste

Belle occasion déjà d'élargir le catalogue de la nouvelle Twingo lancée en décembre. Et ça fait vavavoum ! Renault Sport Technologies a mis au point la version vitaminée de la citadine qui ne craint pas d'emprunter la route. En RS, c'est encore mieux. Le 4 cylindres 16 soupapes développe alors 133 chevaux, une cavalerie parfaitement adaptée au jaune Sirius, emblème sportif du Losange.

L'envie nous porterait à détailler des performances hors du commun. On se contentera de signaler un couple de 160 Nm à 4 400 tours pour mieux épouser l'air du temps qui porte un taux de CO² abaissé à 150 grammes par kilomètre pour une consommation moyenne établie à 6,5 l/100.

Ne doutons pas du plaisir de conduire la petite RS qui promène un becquet dit sportif sur le hayon au-dessus d'un bouclier abritant un diffuseur spécifique. L'intérieur trouve son harmonie avec des touches de blanc et de noir. Et les plus passionnés craqueront pour l'option Monitor, un système de télémétrie embarqué, comme sur la Mégane.

Premier prix à 16 900 €. Ajoutez 1 200 € et vous repartirez avec la finition Gordini.

Ferrari au sommet

Elle perd 30 kg (1 600 kg), elle gagne 30 chevaux, c'est la nouvelle version de la Ferrari California dont le V8 (4 300 cm3) a été porté à 490 chevaux avec un couple de 505 Nm. Ferrari a pu alléger un peu sa California en retravaillant notamment les matériaux du châssis.

Les performances en sont améliorées avec un 0 à 100 km/h en 3,8 secondes soit un gain de 0,2 seconde... Cette deux places, et même un petit peu plus, à toit en dur, rétractable, bénéficie en outre d'une amélioration du système de suspension contrôlé. Le tout s'inscrit dans un pack nommé « handling speciale » pour donner un petit coup de jeune à cette Ferrari lancée en 2008.

A dire vrai, l'information diffusée officiellement pourrait aussi bien être un leurre qui masque la présentation de celle qui serait appelée à remplacer la 599 sous le nom de 620 GT. Dotée du V12 maison porté à plus de 700 chevaux, elle marquera de belle façon le cap des 2,2 milliards d'euros de chiffre d'affaires dépassé l'an dernier grâce au record absolu des ventes, soit 7 195 voitures, dont près de 2 000 aux USA.

Il semblerait même que cette 620 GT cache une autre merveille, dans la lignée de l'Enzo. La puissance développée, grâce à une récupération d'énergie sur le freinage de type Formule 1 (KERS = Kinetic Energy Recovery System) dépasserait les 900 chevaux ! Certains n'hésitent pas à l'appeler déjà F70. Rappelons qu'une supercar F40 avait été produite en 1987 pour le 40e anniversaire de la marque. Puis ce fut la F50... en 1995. Un nouveau décalage, de 4 ou 5 ans n'est plus impossible.

Range Rover : évoc... ation

Genève a donné une idée intéressante à Land Rover, présenter une version sans toit de son déjà très célèbre SUV 4x4. L'Evoque découvrable qualifié de simple concept n'enlève rien de ses qualités de base pour mieux enlever le haut caché au besoin par une capote entièrement rétractable associée à un système d’arceaux de sécurité.

L'engin peut accueillir quatre personnes. Ils y trouveront tout ce qui fait le charme de l'Evoque mais, plus encore, le conducteur qui pourra jouer du système Terrain Response et ses caméras panoramiques, de son dispositif Park Assist et de son système d’info divertissement, etc.

Les jantes Titan sont exclusives en 21 pouces, finition argent, pour un ensemble gris métallisé appelé Causeway Grey. Juste de quoi amplifier le succès de l'Evoque déjà proposé sur 170 marchés. Land Rover n'en dit pas plus se contentant de préciser que ce concept ne sera pas commercialisé. Pour l'instant du moins.

Bernard Méaux


Rindspeed soigne sa réputation

Frank Rinderknecht ne manque jamais une occasion de mettre en lumière certaines de ses idées. Pour Genève, son terrain de jeu favori, le patron du bureau d'études Rindspeed a conçu un engin sur la base d'une Smart Fortwo flanquée d'une remorque.

Le concept appelé « dock + go »a été imaginé autour  du véhicule électrique dont le principal écueil repose sur le volume et la charge des batteries. Rinspeed imagine un bloc amovible qui vient se greffer sur le véhicule lui offrant un train de roues supplémentaire. Cette pseudo-remorque-batterie peut alors être rechargée de façon indépendante. On peut aussi imaginer des relais avec échange rapide.

M. Rinderknecht pense même pouvoir installer à bord une pile à combustible ou, plus sûrement encore, un petit générateur thermique. Bref une panoplie permettant à la voiture électrique d'aller encore plus loin. Le reste s'imagine. Ce bloc peut ainsi se transformer en unité chauffante pour livreur de pizza, en grosse caisse à outils, en station d'accueil du matériel de camping ou de golf. Une autre façon de réinventer le couteau... suisse.

Qui d'autre qu'un Suisse bon teint pouvait imaginer telle solution, s'interroge M. Rinderknecht ? Ce quinquagénaire ingénieux qui a créé sa société il y a une trentaine d'année notamment pour restaurer des véhicules de valeur, ponctue ainsi la vie automobile d'idées rafraîchissantes. On avait déjà vu une citadine de 2,5 mètres, une voitures à gaz, un coupé Lotus Elise amphibie... En 2011, ce fut Bamboo, un cabriolet de loisirs à la façon de la Citroën Méhari avec de nombreux aspects à base végétale dont des sièges en... bambous. Toutes roulent mais ne dépassent guère l'enceinte du salon helvétique. 

 

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