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Dacia : l'incroyable défi Imprimer Envoyer
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Vendredi, 12 Janvier 2018 17:05

« Marque régionale » du groupe Renault, Dacia s'est taillé un destin mondial souvent caché derrière le Losange sans qui elle n'aurait jamais existé. En moins de 15 ans, Dacia a gagné son pari.


Dacia-FrancfortDacia n'a pas hésité à dévoiler le Duster II au salon de Francfort, temple de la voiture luxueuse.

Début mars 1999. Le soir tombe sur Genève effervescente à la veille d'ouvrir la 69e édition de son célèbre salon international de l'automobile. Une poignée de journalistes français converge vers un salon réservé d'un grand hôtel. Dîner informel avec Louis Schweitzer où l'on tente de capter les promesses d'un « scoop ». Louis Schweitzer, à la tête de Renault depuis 7 ans, maîtrise le dialogue à la perfection mais, ce jour-là, plus que tout autre, il cherche à savoir si quelqu'un sait déjà. Quoi ? L'Alliance bien sûr, le sauvetage de Nissan, coup de tonnerre dans le monde automobile, nouveau pas en avant pour ce haut fonctionnaire devenu grand capitaine d'industrie. Entre la poire et le fromage, l'Alliance pas encore, mais l'idée déjà évoquée d'un véhicule à « 5 000 dollars » qui revient. Coup double. Le 19 mars, à Tokyo, en présence de Carlos Ghosn, l'Alliance est signée. Il est temps pour quelques-uns des convives de Genève présents au rendez-vous nippon de remettre certains mots à leur vraie place. Mais la fête n'est pas terminée. Le 2 juillet 1999 Renault s'adjuge 51% du capital de Dacia, porte ouverte sur la voiture pour pays émergents.


Dacia-AlgerieAprès Tanger au Maroc, Dacia a pris pied en Algérie avec une ligne de production de Sandero.


La voiture à 5 000 euros

Louis Schweitzer peut enfin mettre des équations concrètes et des limites territoriales sur son idée de voiture qu'il se refuse à qualifier de « low cost ». Mais les ingénieurs qui débarquent à Pitesti ont vite fait de mesurer l'ampleur du défi. Il va falloir tout reconstruire. Rien ou presque n'a changé depuis le début des années 70 lorsque Dacia, né en 1966 d'une volonté gouvernementale autarcique, a dû faire appel à un constructeur établi pour lancer sa propre production. Renault, déjà. La Roumanie avait alors estimé que la R8 et plus largement la R12, feraient l'affaire. Rebaptisée Dacia 1100 et 1300, les deux vaillantes françaises à la sauce roumaine ont dû tenir la rampe plus de 20 ans. Mais Renault revient en 1998 avec d'autres projets ; le premier voit le jour en 2004. Une certaine Logan, pas franchement jolie mais tellement utile avec ses 5 places en 4,20 mètres et son grand coffre. Proposée à un peu plus de 6 000 euros en Roumanie, la Logan trouve son public et gagne du terrain. Aujourd'hui, 44 pays diffusent la Logan. Mais pas seulement, car la famille grandit vite, encouragée par les succès de la première de cordée. A tel point que Renault a vite compris que la formule ne devait pas sourire seulement au public des pays émergents.


Dacia-gammeUne gamme désormais complète même en GPL


Le cap des 5 millions

Moins de deux ans plus tard, Dacia débarque en Europe occidentale. En France, la Logan est proposée à un peu plus de 7 000 euros avec sa garantie de 3 ans et un réseau solide et diffus, celui du Losange. A Pitesti, on perd encore de l'argent, mais l'usine a fait peau neuve. Les effectifs, plus de 40 000 personnes à la reprise, ont fondu de plus de la moitié alors que les bureaux d'études, sous la triple règle « générosité, simplicité, fiabilité » composent une gamme. Break (MCV), pick-up, van étoffent l'offre Logan bientôt épaulée par la plus petite Sandero. Essence, diesel, climatisation, commandes électriques, les Dacia se hissent au niveau des plus nobles mais contiennent les prix. Renault les adopte sous son aile pour la commercialisation sur certains marchés alors que les usines fleurissent pour répondre à la demande. Le cap des 5 millions de Dacia est proche.


Dacia-pique-niquePrès de 10 000 personnes participent au pique-nique annuel Dacia, en famille et sur un air de vacances.


Le grand pique-nique

Au Brésil, en Inde, en Colombie, en Russie, Dacia trouve de nouveaux points d'appui industriel. Au Maroc, à Tanger, une usine toute neuve (2012) complète le dispositif qui s'est ouvert au monospace Lodgy et  à son compère plus utilitaire, le Dokker. L'entreprise prospère. Mais le plus joli était à venir en 2010 lorsque Dacia s'est mis en tête de surfer sur la vague SUV naissante. Ce sera Duster, sa bonne bouille rassurante, porte ouverte sur l'univers 4x4, le goût des grands espaces... et des factures qui commencent à monter. Ici, on n'entre pas à moins de 11 000 € mais le public en redemande. Mieux encore, il en rajoute, multipliant les options et les accessoires tout en se tenant sous les 20 000 €. La petite entreprise rêvée par Louis Schweitzer, développée par Carlos Ghosn, est désormais incontournable. Plus de 535 000 Dacia ont encore été livrées en cette année 2017. Des clubs se créent, des générations se retrouvent, les rassemblements se multiplient. Plus de 10 000 « dacistes » ont participé au grand pique-nique annuel tenu cette année sur le domaine de Courson (91), en région parisienne. Rendez-vous l'année prochaine est le cri de ralliement ponctué de produits dérivés et de partage d'expérience. L'incroyable défi s'est pleinement réalisé. En toute simplicité.

Bernard Méaux  


Dacia-TungaaErde Tungaa, designer, attache le même soin au Duster qu'à n'importe quel autre véhicule du groupe.

 

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