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Mitsubishi : les bijoux de la mariée centenaire Imprimer Envoyer
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Lundi, 18 Décembre 2017 17:36

L’histoire commence en 1917 avec le Model A. Le véhicule visible au musée de la marque à Okazaki ameute le visiteur avec l’étiquette « première automobile de série construite au Japon ». Un rêve. En 1920, la « série » totalisait 20 exemplaires.


Mitsubishi-1-Model-A-1920La Mitsubishi Model A de 1917 (réplique).

Contrairement à la Ford Model T immatriculée plus de 15 millions de fois entre 1908 et 1927, la Mitsubishi Model A n’avait convaincu personne. Les archives détaillent que les deux dizaines de véhicules assemblés en 3 ans demeurèrent des brouillons. Aucun n’a survécu.

   La Mitsubishi Model A exposée à Okazaki date de 1972. C’est une réplique. Minutieuse il va sans dire : matériaux d’époque, outils d’époque.


Mitsubishi-2-MizushimaLe triporteur Mizushima de 1946 : dans le récit de la marque, il a rang de « premier pick-up Mitsubishi ».

Roues dentées rectifiées à la pierre à aiguiser

   Pourquoi un si court destin ? « Nombreux problèmes, nombreux imprévus » confessa dans ses souvenirs des années 1917-1920 M. Nakagawa, responsable de la division Moteurs du groupe Mitsubishi.

   Donnaient du souci « le système de refroidissement et la fabrication des pignons ». Les mécaniciens utilisaient des « pierres à aiguiser pour rectifier et ajuster les roues dentées ». Les « essais de fonctionnement » du Model A « duraient toute la journée dans la cour d’une école en vue d’optimiser l’engrenage des pignons ».

   Autre contrariété signalée par M. Nakagawa : l’habitacle. De grandes dimensions, conçu sur le modèle des calèches, confectionné en bois, il « souffrait d’un poids extrêmement élevé pour sa taille ».

   Chargé au plus près du développement du moteur, un 4-cylindres 2.7 à essence, 35 ch, M. Ushida ne tarit pas de confidences sur les balbutiements de Mitsubishi constructeur d’automobiles. « Aucune tolérance de fabrication n’avait été définie. Les cotes dépendaient essentiellement des compétences et intuitions des mécaniciens. Les roues dentées n’étaient pas parfaitement centrées, d’où l’apparition d’importants frottements entre les dents, qui généraient un fonctionnement extrêmement bruyant ».


Mitsubishi-3-Leo-1959Le pick-up Leo de 1959 : toujours 3 roues, aérodynamisme et style en plus.

« Nous adorions klaxonner »

   De guerre lasse, « après serrage de plusieurs moteurs », des normes finirent par entrer en vigueur. La voiture cubique hasarda ses 1300 kg sur la voie publique. Mémorables échappées.

   « La vitesse maximale avoisinait les 38 km/h, nota M. Ushida. Je me souviens que nous adorions klaxonner lorsque nous étions à bord ». Le chant du cygne du Model A. Les jubilatoires pouêt-pouêt jaillis de la trompe du véhicule n’empêchèrent pas l’arrêt de la fabrication.

   En 3 ans, les ateliers avaient exactement livré 2 prototypes et deux dizaines d’exemplaires « de série ». Le constructeur aux 3 diamants bifurqua sur l’utilitaire. Ouvrit la voie, en 1920, le T1 premier camion Mitsubishi. « Testé sur 1000 km » insistaient les vendeurs. Instruits par la tentative antérieure, ils prenaient les devants.


Mitsubishi-4-500-profilLa Mitsubishi 500 : premier modèle de la marque engagé en compétition, au Grand Prix de Macao 1962.

Automobile 4x4 en 1936

   Nullement retiré des voitures, l’industriel réalisa, en 1931, le « premier moteur diesel japonais pour automobiles ».

   1932 Premier autobus Mitsubishi, « le plus grand et plus puissant de l’époque ».

   1936 Premier véhicule de tourisme à 4 roues motrices. L’ancêtre des Pajero, Outlander, Eclipse Cross, ASX, 1200.

   1946 Entre moto et camionnette, le Mizushima déplace sur 3 roues 0,4 tonne de marchandises. Lyrisme ou exégèse opportuniste ? Mitsubishi parle aujourd’hui du « pick-up Mizushima », le premier de la marque.

   1959 Fidèle aux 3 roues, le pick-up Leo fait étalage d’aérodynamisme et modernité.     

   1967 La gamme Colt s’enrichit d’un pick-up décliné de la berline. Sur 4 roues enfin, il emporte des charges de 0,5 tonne.


Mitsubishi-5-L200-1ere-generationLe pick-up L200 première génération (1996).


L’hybride rechargeable le plus vendu en Europe

   1978 Le pick-up Forte, développé en tandem avec Chrysler entame une carrière retentissante pas seulement au Japon. Aux Etats- Unis, il s’appelle Dodge D-50 et Plymouth Arrow Truck. En 1979, le magazine « Pick-up Van and 4WD » le sacre « Pick-up de l’année ».   
 
   1991 Le Strada combine robustesse, serviabilité, esprit baroudeur, confort d’une berline. Ailes débordantes, pneus les plus larges de sa catégorie, benne la plus vaste, moteur turbodiesel 2.5, réservoir 75 litres, accueillante et plaisante cabine double : le « pick-up typé SUV » prend la route.

   1996 Le pick-up Strada 2e génération devient L200 à l’exportation.

   2010 La Mi-EV élargit le jeune parc européen des automobiles 100% électriques.

   2013 L’Outlander PHEV s’impose rapidement - et jusqu’à aujourd’hui - comme le « véhicule hybride rechargeable le plus vendu en Europe ».


Mitsubishi-6-Pajero-vainqueur-Paris-Dakar-Da-Sivla---Zaniroli-1985Le Pajero dans le Paris-Dakar 1985. Il y signera sa première victoire, aux mains de l’équipage Da Silva-Zaniroli.


Razzia au Paris-Dakar et au rallye Côte d’Ivoire - Bandama

   Les statistiques annuelles d’immatriculations ancrent Mitsubishi dans le clan des constructeurs au petit pied. Moins de 1 million d’unités. C’est le tiers du score de Renault. C’est grosso modo le dixième de la performance de chacun des quatre mastodontes : Volkswagen, Toyota, General Motors, Renault-Nissan.  

   Le petit japonais sait quand même jouer les épouvantails. Quand il serre les dents, les concurrents mordent la poussière.

   Entre 1985 et 2007, le Pajero a 12 fois gagné le Paris-Dakar. De 1995 à 1999, la Lancer Evolution a régné sur le championnat du monde des rallyes (WRC). Tour à tour, Lancer et Galant VR-4 ont triomphé dans 11 éditions du Rallye Côte d’Ivoire Bandama (1996-2017).

   Indissociable de ces exploits, depuis 1989, la transmission 4x4 S-AWC de Mitsubishi. Authentiquement intégral, le système gère la motricité roue par roue. Aussi bien entre avant et arrière qu’entre gauche et droite.

   Dans l’Alliance Renault-Nissan, la mariée ne s’avance pas sans bijoux.

Dominique Faivre-Duboz


Mitsubishi-7-Lancer-Safari-1975-Andrew-CowanLa Lancer Evolution en verve au rallye Côte d’Ivoire - Bandama. Andrew Cowan au volant.

Eclectisme et aisance à l’international

Depuis le milieu du siècle dernier, Mitsubishi exporte ses automobiles. En 1970, il ficelait un partenariat hors du Japon.


    Avant tout le monde en Europe, les Espagnols découvrirent un véhicule marqué des 3 diamants. C’était en 1956. En 1963, apparition de la marque en Grèce. A partir de 1971, les Américains et Canadiens passèrent commande d’une Mitsubishi chez leur concessionnaire Chrysler. Le stand Mitsubishi au Salon de Londres 1974 donna le signal de la conquête de l’Europe.

   Outre le partenariat négocié avec Chrysler (1970-1982), le japonais a utilisé des plates-formes d’autres marques : Volvo en 1995, Daimler-Chrysler en 2004. Avec PSA Peugeot-Citroën, il a partagé quelques années durant à 30-70% l’usine NedCar aux Pays-Bas.

   Dernier développement : Mitsubishi partage avec l’Alliance Renault-Nissan son expertise dans l’hybride rechargeable et son savoir-faire dans le pick-up.


Mitsubishi-8-L200-aout-2017Le pick-up L200 2017, exhibition du savoir-faire Mitsubishi en direction de l’Alliance Renault-Nissan.

 

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