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L'incroyable destin de Miss Coccinelle Imprimer Envoyer
CONSTRUCTEURS - NOUVEAUTES
Mercredi, 14 Décembre 2011 14:58

VW Coccinelle historiqueNée à l'aube du mitan dramatique du XX° siècle, celle qui aurait dû se contenter d'un destin de simple voiture du peuple, a engendré une saga qui défie le temps. Mieux, les modes s'en imprègnent pour mieux séduire. Jusqu'à rejeter la New Beetle pour retrouver le vrai nom de sa légende, Coccinelle. Nouvelle Coccinelle.


Janvier 1994. Le Michigan va vivre des journées parmi les froides de son histoire moderne. La capitale de l'automobile américaine en a pourtant connu des hiver rudes. De la neige, à haute dose, de la pluie, glaciale et verglaçante. Du froid, encore du froid. En ce 3 janvier, le ciel est clair, les chaussées sèches, pas de quoi décourager les centaines de journalistes qui ont à peine eu le temps de débarrasser la table du réveillon. C'est que, depuis 1989, l'aimable rendez-vous commercial taillé aux mesures des Big Three s'est mué en prestigieux North American International Auto Show (NAIAS). Un cri d'espoir au cœur de cette cité ravagée par les crises industrielles.

VW Coccinelle cabrioletOn s'y bouscule, même si la France est absente. Citroën avait dû renoncer en 1977, Renault 10 ans plus tard et Peugeot, malgré le coup d'éclat des taxis 505 à New York et Los Angeles (1 500 commandes), a jeté l'éponge en 1991.  A contrario, l'Allemagne conquérante cherche toutes les voies du développement. Audi, BMW et Mercedes font fureur dans les beaux quartiers. Face à leurs cabriolets qui se croisent sur les plages de Venice et de Malibu,Volkswagen a une autre idée derrière la tête.

Dans la nuit de Detroit, ce début d'année-là, une fleur jaune a poussé au cœur du Cobo Hall, à deux pas du Renaissance Center. « Concept  1 » affiche fièrement la petite aux airs de déjà vu. Le message court vite de stand en stand : Volkswagen veut ressusciter la Coccinelle !  Succès immédiat. Ferdinand Piëch, aux commandes de Wolfsburg depuis un an, sait que son équipe américaine de design a touché au but. Encore un peu de patience... Le thermomètre peut bien afficher - 25 degrés C (- 12° F) sous zéro en ce 19 janvier 1994, les commentaires du public de Detroit ont déjà réchauffé l'atmosphère.

VW Coccinelle SolifloreMême lieu, même heure

Quatre ans ont passé. Piëch a bousculé son directoire pour remettre en ordre les finances de Wolfsburg. Skoda et Seat ont intégré le groupe, une raison de plus pour ne pas laisser dans l'ombre la marque-mère. Le projet « Concept 1 » sera donc mené à bien. Ce coup d’œil dans le rétroviseur pour aller de l'avant a manifestement fait son effet.
Même lieu, même heure, le 5 janvier 1998, VW a réservé un plateau à part pour révéler au monde que la Coccinelle reprend son vol. Ce sera la Beetle avec ses galbes inimitables, ses phares ronds évocateurs et l'incomparable vase soliflore accroché à la planche de bord. Des centaines de journalistes vont ainsi co-signer ce qui apparaît déjà comme une nouvelle œuvre de l'art automobile. Le feutre spécial glisse sur la caisse claire, de toit en capot, de portière en aile, comme autant d'hommages à la petite nouvelle. J'y étais : c'est écrit sur l'aile arrière droite...

VW Coccinelle 10 ans de la BeetleLa machine ne s'arrêtera plus. L'usine mexicaine de Puebla tourne depuis quelques semaines pour livrer, dès mars 98, ce qui s'impose d'abord comme un pur produit destiné au public nord-américain. Mais le monde a déjà soif de ce néo-rétro. On ne réveille pas impunément un mythe mondialement entretenu depuis 1948. En Allemagne  d'abord puis dans toute l'Europe occidentale, pour accompagner les premières années des Trente Glorieuses. Les GI's conquis en ont fait leur coqueluche. De Ramstein à Graffenwöhr, de Berlin à Munich, le soldat américain s'est entiché de celle qui devait accompagner le triomphe d'un dictateur sanguinaire. Elle devenait le trophée du vainqueur, celui qui accompagne le guerrier de retour au foyer. Les chiffres parlent d'eux mêmes : 21 529 464 Cox ont pris la route. Et le spectacle continue.

VW Coccinelle en 1945Un pur produit étatique

N'ayons pas peur de l'Histoire, la Cox est bien née de la volonté du chancelier Adolf Hitler de produire une voiture pour le peuple. Il annonce ce projet « Volkswagen » au salon automobile de Genève de mars 1934. Quelques mois plus tôt, Ferdinand Porsche, ingénieur reconnu, à la tête d'un petit bureau d'études après avoir quitté Daimler, a formulé des propositions qui, 4 ans plus tard, prendront la forme de la Volkswagen KFD (Kraft durch Freude) dévoilée alors que le führer pose la première pierre de l'usine de Wolfsburg le 26 mai. En forme d'insecte, scarabée (Käfer - Beetle) diront les uns, Coccinelle diront les autres, la voiture du peuple est bien dans l'air du temps avec son moteur et sa transmission arrière. Porsche a choisi un moteur à plat, quatre cylindres de 985 cm3 dans un premier jet, avec une puissance de 23,5 chevaux. Près de 340 000 Allemands souscriront directement au projet en ouvrant un carnet d'épargne, imposé, pour l'acquisition de la promise. Les rêves fous du dictateur feront finalement de Wolfsburg une machine à fabriquer des Kübelwagen, Schwimmwagen et autres Kommandenwagen ; seules ces dernières reprennent la silhouette de la future Coccinelle.

VW Cocinelle au Salon de Paris 1951Il faudra toute l'énergie d'un major britannique des forces d'occupation pour relever les ruines et lancer une fabrication en série. Sous le capot arrière, les 1 192 cm3 du 4 cylindres délivrent gaillardement 25 chevaux. En 1972, la Cox en affiche le double, issus de son 1 584 cm3. Entreprise nationale, Volkswagen grandit aussi et prend le chemin du secteur privé. Une loi spéciale, en fait une société par actions (Volkswagen Aktiengesellschaft) le 22 août 1960.  Le 7 avril dernier, la société allemande, devenue groupe multinational, fêtait le 50e anniversaire de cette évolution décisive. Prochaine étape, l'an prochain avec l'intégration de Porsche. Pour l'heure, le capital repose essentiellement sur la participation de 20 % de l’État de Basse-Saxe, les 50,4% de Porsche Automobil Holding SE et les 17% de Qatar Holding LLC. L'exercice 2010 s'est achevé sur un bénéfice d’exploitation de 7,1 milliards d‘euros pour 7,2 millions de véhicules vendus. En attendant Porsche, le groupe compte 9 marques automobiles (Volkswagen, Audi, SEAT, Skoda, Volkswagen Commercial Vehicles, Bentley, Bugatti, Lamborghini et Scania) et 62 usines. Pour une production quotidienne de 30 000 véhicules vendus dans 153 pays, Volkswagen emploie 400 000 collaborateurs.

 

VW Coccinelle la dernière

« Réinventez l'original »

En trois finitions et quatre moteurs, la Beetle revient avec une image encore plus forte. Avec deux doigts de Porsche dans ce style néo-rétro qui fait tourner les têtes. Et la saga ne fait que recommencer.

Des gammes à se gratter la tête pour jouer juste la musique du succès. Voilà bien le problème auquel se trouve confronté Jacques Rivoal, patron de Volkswagen France. Wolfsburg n'en finit pas de relancer la machine avec des innovations à tous les carrefours. Et pas question de relâcher la pression. Alors, quand s'avance la nouvelle Coccinelle, alors que se profile déjà la Up !, Jacques Rivoal fait des choix. Un bon coup de projecteur avant la fin de l'année sur la Cox, un lancement Up ! En janvier et un retour de Beetle sous les feux de la rampe en mars. Pile poil pour l'arrivée du diesel.

Bienheureux acteurs du monde Volkswagen. Et plus encore ceux du design. Wolfsburg leur a dit, tout simplement : « Réinventez l'original ». Pari gagné. S'avance donc aujourd'hui la troisième génération moderne de l'ancienne et célèbre Coccinelle. Volkswagen dans son souci d'épouser les modes et les habitudes, laisse le soin à ses filiales et distributeurs, le choix du nom dans une gamme répertoriée. La France a choisi Nouvelle Coccinelle. Ici et là ce sera donc Beetle, Käfer, Vocho, Fusca ou encore Maggiolino... Une autre façon façon de réinventer la Cox qui s'affiche désormais en valeur éternelle.

VW Coccinelle 2012 arriereUn petit air de Porsche

Pari tenu en effet par les stylistes qui, avec 15,2 centimètres de plus en longueur, 8,4 en largeur, ont réussi à améliorer très sensiblement son volume, notamment pour mieux accueillir les passagers arrière. Gros yeux ronds de part et d'autre du capot plongeant, ligne de toit affinée, « l'icone de Volkswagen » fait tourner les têtes. Le blanc lui va à merveille. L'aileron collé à la base de la lunette de la version 200 chevaux un peu moins. C'est dommage car c'est là que s'imprime l'image de la plus forte de la Cox 2012 qui, avec sa chute de rein et ses hanches avantageuses, joue les Porsche 911. Un air de famille sûrement.

L'intérieur tout en s'inscrivant dans les modèles des gammes classiques, relance sans cesse la machine aux souvenirs. Le vase soliflore est en option mais les deux boîtes à gants fermées sont bien présente sur une planche de bord qui, au choix, peut s'enrichir de la couleur de la carrosserie. Le reste est plus classique avec écran central et tableau de bord à cadrans ronds lisibles. La position de conduite, naguère à la verticale, a été encore améliorée pour un vrai confort au long cours. On retrouve ici la rigueur et la précision germanique même si la Beetle nous vient de l'usine mexicaine de Puebla.

VW Coccinelle 2012 tableau de bordDe 105 à 200 chevaux

Montée sur une plate-forme technique classique de traction-maison, la Nouvelle Coccinelle adopte logiquement les moteurs VW avec quatre puissances disponibles appliquées à trois finitions (Coccinelle, Vintage et Sport). Volkswagen privilégie la formule essence à injection directe  avec un 2 litres qui libère 200 chevaux via la boîte automatique DSG, et les TSI 1,2 et 1,4 de 105 et 160 chevaux. L'entrée de gamme est très bien équilibrée pour un usage quotidien avec une agréable boîte à 6 rapports. Souplesse et silence de fonctionnement qualifient ce TSI. Les inconditionnels du gazole devront attendre un peu pour le seul TDI retenu, également en 105 chevaux.

Rien à redire sur le comportement routier de cette traction qui se plaît bien à la ville. On regrettera simplement l'absence d'un régulateur de vitesse et d'une climatisation. Il est vrai que les 2 400 € réclamés pour la finition Vintage vous les donne de surcroît avec jantes alliage, accoudoir central, réglage lombaire, seuil de portes alu et chrome à tous les étages. Rétro d'abord, rétro d'accord mais au goût du jour.

Bernard Méaux  

La Coccinelle 105 TSI en bref

Moteur : 1 197 cm3
Puissance : 77 kW (105 ch)
Performances : 0 à 100 en 10,9 s
Dimensions : L: 4,27 m; l: 1,80; H: 1,48
Vitesse maxi : 180 km/h
Consommation moyenne : 5,9 l/100
Émissions de CO2 : 137 g/km
Bonus écolo : 0 €
Prix : à partir de 16 990 €
 

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