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Volkswagen Touareg : un réservoir de jamais vu Imprimer Envoyer
CONSTRUCTEURS - ESSAIS
Jeudi, 02 Septembre 2010 14:11
Il avait cassé la baraque, le voici insolemment pertinent. Par rapport au modèle répandu à 500 000 exemplaires depuis 2002, le Touareg 2e génération innove plus résolument que bien des véhicules présentés comme « inédits » ou « pionniers ».

Jamais vu : la « clé » de contact. Un fois fiché dans la planche de bord, à l’équerre, le galet noir de démarrage et verrouillage pivote dans les deux sens. Au choix. Le huitième de tour donné à droite ou à gauche lance le moteur. Il s’impose tout de même de garder le pied sur le frein.

   Jamais vu chez les SUV : la boîte. Toutes versions, le Touareg active ses 4 roues via une transmission automatique 8 rapports. Les deux derniers font office d’overdrive. La vitesse de pointe s’obtient en 6e.

La nuit traversée en pleins phares

   Mais voici plus distinctif, à vérifier de nuit ou sur quelque route de corniche truffée de tunnels. Seul au monde, le Touareg perce l’obscurité en pleins phares, point. Impossible de passer manuellement en feux de croisement.

   L’ahurissant « progrès » ressort de l’option « Dynamic Light Assist » à 461 €. D’eux-mêmes, les projecteurs s’ingénient à n’éblouir personne. Au lieu de conventionnellement basculer l’éclairage de « phares » en « codes », le système calibre les faisceaux. 

   Un masque, dans les optiques, raccourcit la nappe de lumière à gauche ou à droite selon que le tiers arrive en face ou roule devant. La voie libre de circulation reste éclairée en grand.  

   Au conducteur nocturne, le Touareg équipé du « Dynamic Light Assist » promet une autre vie. Fatigue retardée, anticipation sans rupture, sécurité quasi diurne. Y avait-il nécessité ? Réponse dans les bilans annuels. La route de nuit s’y trouve ainsi caractérisée : 10% du trafic global, 46% des accidents mortels.

Allégé de 200 kg

   Anecdotique, par comparaison, la jauge d’huile a disparu. De série, le Touareg livre au tableau de bord le niveau de lubrifiant dans le carter. Plus précieux au jour le jour, le dispositif Start-Stop (coupure du moteur au feu rouge) intègre la récupération d’énergie en décélération.

   Lâcher l’accélérateur, freiner, produisent de l’électricité. Intensivement chargée, la batterie ne se trouve jamais à court pour alimenter la clim’ électrique, l’assistance électrique à la direction ainsi que les servitudes habituelles. Soulagé, l’alternateur réduit ou coupe complètement son débit en croisière. Autant de chevaux « récupérés » qui ne brûlent pas une goutte de pétrole.

   Inspirée de la technologie hybride, pareille gestion de l’énergie sous le capot combine ses vertus à une impressionnante réduction de la masse roulante. Volkswagen annonce – 203 à – 222 kg selon versions, alors que le Touareg a grandi de 41 mm en longueur et 12 mm en largeur. Spectaculaire la dégringolade des consommations qui en résulte : - 20% en moyenne, - 25% compte tenu du ménage effectué dans la motorisation.

Moteurs : les monstres ont disparu

   En  essence, le choix se limite à deux V6 : le 3.6 FSI 240 ch et le 3.0 à compresseur, impliqué celui-là dans la version Hybride. En diesel, l’usine aligne un V6 TDI 3.0 280 ch et un V8 TDI 4.2 340 ch. Les monstres de naguère, V10 TDI et W12 ? Expulsés, disparus.

   Plus habitable, notamment aux places arrière, le nouveau Touareg met à disposition une soute augmentée de 25 dm3. Sur la route, il distille l’agrément des grandes routières réactives, ouatées, équipées.

   Sellerie cuir et sièges électriques de série. Plus l’ESP, plus le régulateur de vitesse. En prime, la position de conduite surélevée améliore l’appréciation du trafic et facilite l’anticipation.  

   En agglomération, stationner en créneau se révèle presque excitant. Accompagne le bip-bip des radars avant-arrière (d’origine), la figurine au tableau de bord qui montre le champ à proximité des boucliers. D’autres commodités abondent dans le pack d’assistance à la conduite à 2490 € : alerte de véhicules suiveurs dans les angles morts, freinage d’urgence automatique etc.

Conduite zen dans l’enfer du motocross

   Sur le tunnel qui sépare le pilote de son voisin, la molette légendée « On road/Off road » rappelle les prédispositions du Touareg à l’escapade sauvage. Herbe, boue, caillasse, poussière : en position « Off road » la transmission 4Motion à verrouillage automatique du différentiel central triomphe jusqu’à 31° de pente.

    Le pack « Terrain-Tech » à 1740 € installe la transmission 4XMotion. Gamme de rapports courts, blocage des différentiels central et arrière. Le Touareg gravit alors des pentes de 45°, soit 100%. Les abordant en sens inverse, il dévale au pas, zen. Sans que le pilote touche à la pédale de frein.

   L’héroïque économie de « gestuelle » laisse incrédule. Levier de transmission sur D, régime moteur à 2000 tours-minute, les pneus même pas spéciaux, gonflés à la pression  normale, viennent à bout sans éclaboussures des montagnes russes d’un terrain de motocross.

   Proposée à 1154 €, l’option « Area View » arme le véhicule de 4 caméras qui affichent sur l’écran GPS le terrain caché devant, derrière, sur les côtés.

   Le tarif court de 56 400 à 80 200 €. Version V6 TSI Hybride à 84 550 €.

Dominique FAIVRE-DUBOZ


Spécimen

Volkswagen Touareg V6 TDI : SUV 4 roues motrices 5 portes, 5 places, 4,80 m, 2174 kg, coffre 580/1642 dm3, Ø de braquage 11,9 m, réservoir 85 litres.
Moteur diesel V6 TDI 3.0 240 ch à 4000-4400 t/m, 500 Nm à 2000-2250 t/m. Boîte automatique 8 rapports
Performances 218 km/h, 7’’8 au 0-100 km/h.
Consommation mixte 7,4 litres au cent. CO2 195 g/km.
Prix 55 600 – 62 950 €.



«  Fais confiance à la machine »


En configuration « Off road low » une lucarne au tableau affiche, schéma chiffré à l’appui, l’angle de braquage. L’échelle court de 0 à 37° à gauche, idem à droite.   
    
   « Gaz, un peu. Et volant droit, ne tourne pas le volant. Oui, gaz comme ça, pas plus ». Voix posée, débit calme, le moniteur débite le mode d’emploi. Nez en l’air, le Toureg patine sur place à l’attaque de la pente raide, boueuse, narquoise.  

   Le réflexe en pareille détresse ? Chercher l’adhérence, à gauche, à droite en balançant le volant. « Garde les roues droites, fais confiance à la machine » lance, encore plus posée, la voix restée en bas, sur le plat.  
 
   Le Touareg aurait-il décrypté le message ? Après 5 secondes de sur-place toutes roues tournantes, une éternité, il s’arrache. Au pas, jusqu’au sommet, contournant les arbres avec la force et la souplesse du serpent.  

« Je suis le recordman du Paris-Dakar »


Etienne Smulevici ne sourit que des yeux. Ce mur de glaise, il n’y avait pas de raison de n’en pas venir à bout. Il connaît le Touareg 2e génération pour l’avoir expérimenté, mis au défi, sur le plus vaste terrain de motocross d’Europe qui enchaîne raidillons et dévers près de Pise, en Italie.

   Les conducteurs qu’il instruit et encourage de la voix, au travers de la vitre baissée, les pieds, lui, dans la boue, ce pédagogue-né les rend immédiatement compétents à leurs propres yeux. Après avoir commandé la rotation de la molette de On road en Off road, il décrit l’essentiel de l’obstacle à franchir. Puis livre l’essentiel de la manœuvre à déployer. Il n’a pas besoin d’ajouter « you can » ; le ton de son propos implique « tu peux, tu es cap’, tu vas le faire ».

   Qui est-il ? « Rien ne me lie à Volkswagen » prévient Etienne Smulevici. Dans ce festival d’aptitudes du Touareg en tout terrain, il apporte son expérience. Pardon, son expertise.

   « Je suis le recordman du Paris-Dakar » explique-t-il. « Désolé d’avoir l’air de me vanter : je compte 28 participations au rallye de Thierry Sabine. J’ai débuté sur pick-up Dangel. Ensuite ? 16 ans sur Mitsubishi et 5 ans dans le team Nissan Italie ».  

   Il n’a pas dételé. « Là je rentre du rallye de Tunisie » précisait-il à la mi-juin. Sa colonne vertébrale vaut certificat d’assiduité aux marathons entre dunes et caillasse. « Vertèbres soudées, pas seulement les lombaires, je ne plie plus ». Plus voyant : « J’ai raccourci : 1,70 m aujourd’hui alors que je mesurais 1,76 m ».

   Autre signe particulier de ce Transalpin de souche : la Lorraine, il connaît. « Ma femme est vosgienne, de Thaon » confie-t-il. Et de malicieusement détailler : « Elle dit mmmman ! ». Cela s’invente-t-il ?
 

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