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Toyota Mirai : la berline du futur c’est maintenant Imprimer Envoyer
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Jeudi, 05 Février 2015 10:46

Le Japon premier servi. La berline à hydrogène du numéro 1 mondial de l’automobile se vend là-bas depuis le 15 décembre. En 2015, elle deviendra accessible en Californie, en Allemagne, au Danemark et en Grande-Bretagne.


Toyota-Mirai-HydrogeneLa Toyota Mirai fait le plein en 3 minutes et repart pour 500 km sans brûler une goutte de gazole, sans bruit, sans pollution d’origine moteur. Elle fonctionne à l’hydrogène.


Mirai, le nom que lui a donné Toyota, signifie Futur. La Mirai ouvre une ère : la locomotion avec moteur affranchie de deux boulets. Perdent enfin leur fatalité, la dépendance au pétrole d’une part, d’autre part la charge de l’atmosphère en CO2 et autres résidus de combustion.


Comparable à la voiture électrique quant aux performances environnementales, la Toyota Mirai n’en présente pas les contraintes. L’utilisateur retrouve ici l’autonomie et les « temps d’arrêt à la pompe » de son ancien modèle à essence ou diesel.

La deuxième casquette du PDG

Mieux : Akio Toyoda en personne promet une conduite ludique. Président directeur général de Toyota, il porte une deuxième casquette qui crédibilise son propos. « En tant que pilote d’essai, confie-t-il, je savais que ce véhicule à pile à combustible devait être vraiment plaisant à conduire. Croyez-moi, il l’est. Il a un centre de gravité bas, qui lui confère un comportement très dynamique ».

Ravitailler en moins de 5 minutes tous les 500 km, disséminer rien d’autre que de la vapeur d’eau, allègrement changer de rythme en croisière (moins de 10’’ au 0-100 km/h) : dans ses œuvres elle a de quoi plaire, la Mirai. Convainc singulièrement la minimisation jusqu’à l’effacement d’un rapport poids/puissance handicapant : 1850 kg pour 155 ch, soit 12 kg/ch.

Innovante, elle rassure pleinement. Akio Toyoda complète le tableau sans un gramme de pessimisme. « L’hydrogène qu’elle consomme, observe-t-il, peut être produit de multiples manières, même à partir de déchets ».

La pile à combustible ? « Elle génère assez d’électricité pour alimenter une maison pendant près d’une semaine ».

L’hydrogène acheminé par pipe-line

Au Japon, le plaidoyer n’a pas laissé indifférent. Sans doute le style conquérant de la familiale de l’ample familiale (4,89 m) a-t-il enthousiasmé. Toyota prévoyait d’immatriculer dans le pays 400 exemplaires d’ici à la fin de 2015. Selon le quotidien « Nikkei », les commandes affluées avant la commercialisation (15 décembre 2014) égalent la production programmée.

Décidé à l’arraché, un investissement supplémentaire de 20 milliards de yens (135 millions d’euros) quadruplera au galop les capacités de fabrication.

A l’exportation, Toyota espère écouler en 2015-2016 une centaine de Murai en Europe et 3000 aux Etats-Unis. Pour préparer le terrain, le numéro 1 japonais et mondial de l’automobile a installé en Californie une station pas ordinaire. Elle ne débite pas l’énergie stockée dans ses profondeurs blindées. Un pipe-line la relie au site de production d’hydrogène distant de plusieurs kilomètres.

Deux stations là où il en faudrait mille

De son côté, Air Liquide spécialiste mondial des gaz liquéfiés se réclame d’une soixantaine points de recharge aménagés à travers le monde. La France en compte deux, l’Italie trois, l’Allemagne quinze, la Californie vingt.

« Un réseau de 1000 stations, souhaitable pour une couverture de l’Hexagone, nécessiterait un investissement de 1 milliard d’euros » avance Benoît Potier, président d’Air Liquide. Son bras droit Pierre-Etienne Franc, directeur technologies et marchés, aligne d’autres considérations qui refroidissent.

Premièrement la rentabilité d’une « installation de taille moyenne » exige une fréquentation de 20 à 40 véhicules/jour. Deuxièmement, le poste distributeur consomme lui-même 20% de ses réserves pour comprimer l’hydrogène à la valeur requise (700 bar).

10 € les 100 km

Dans ces conditions le ravitaillement revient à 10 € pour 100 km. Il n’y a pas de quoi détourner l’automobiliste du moteur à combustion, surtout diesel. N’intimide pas moins le prix de la voiture à hydrogène. Affichée à 7,23 millions de yens à Tokyo (50 000 €) la Toyota Mirai pourrait apparaître en Allemagne l’année prochaine à 66 000 €.

Mais les oracles soutiennent qu’avec le temps et la diffusion, elle s’alignera au tarif sur les modèles thermiques de classe équivalente.

Dominique Faivre-Duboz
Photo Toyota


Identité

Toyota Mirai : berline à hydrogène 4 portes, 4 places, 4,89 m, 1850 kg, deux réservoirs 60 litres et 62,4 litres, batterie Ni-MH (nickel métal-hydrure).
Moteur électrique synchrone 114 kW (155 ch), 335 Nm. Pile à combustible à électrolyte polymère, densité volumique de puissance 3,1 kW/litre (meilleur niveau mondial).
Performances 178 km/h, 9’’6 au 0-100 km/h. Autonomie 500 km.
Prix au Japon 7,23 millions de yens (50 000 €).

 

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